© Eric COLLETTE 2018 - www.ericcollette.com

EX-CAPAS II ET LE LIVRE-ART 

Dans cette exposition intitulée ex capas II, Éric Collette nous amène à perçoir que l'expérience du faire et du penser s'apparente sentiment depuis l'origine. Il s'agit de l'expérience comprise comme sentiment du monde à partir des procédés de l'interprétation des sentiments. Qui a déjà écrit un livre saura que, dans ses travaux, Éric imagine l'évolution de l'écriture et de la lecture tangibles comme expériences productives desquelles naissent de nouveaux êtres. Ceux-là font parti d'un univers qui anticipe et dépasse les couvertures (capas) et les pages des livres que nous connaissons. Pour donner vie à ces êtres, l'artiste écorche la matière. Il visite l'intérieur des livres pour les amener aux champs de la tri-dimensionnalité envisageant une quatrième dimension. Avec coupures, découpages, insertions et autres moyens transformateurs, Éric élabore diverses possibilités d' une écriture et d' une lecture sans cesse renouvelées.

 

Des livres conçus par l'artiste subsiste un livre imaginé ex capas. Et créant une bibliothèque de volumes en constante transformation, persiste un livre-art qui est l' archétype des images qui naissent avant et après les paroles. Ce livre incarner l'antérieur et le postérieur, tout comme l' envers des couvertures de livres traduisant l'expérience esthétique des éléments qui ne sont alors toujours pas livres, et narrant des histoires du premier livre dans lequel chacun de nous devient personnage. Mouvement. Recherche. Sondages. Trouvés. Et perdus. Dessiné. Et l'intervention dans l'ordre des choses en plein changement. Et dans cette intervention le livre-art révèle sa différence. Texte tri-dimensionnel. Dentition inattendue. Bouche à la recherche de paroles. Lances équilibristes. Et autres étrangetés. Dans le livre-art de Éric Collette l'intimisme libère des écrits pour vivre en mutations réalisées ex-capas. Et pour le dépassement de la répétition linéaire. Le livre-art de Éric Collette désenclave une écriture et une lecture des choses à l'état latent. Mais cette accalmie surgit et débute dans les viscères du papier visité comme matière première d'un drame à être exalté par la manipulation qui le conçoit tactile. Comme si du papier lui-même, l'écriture propre et la lecture propre du monde, se réalisait par les mains de l'artiste et du lecteur, vivant des histoires qui peuvent être vues et touchées dans une scène vivante – toujours en état de gestation et de changement.

 

Miriam de Carvalho

Critique d'Arts.